04.06.2008

Les rythmes scolaires (2)

500398563.jpgSuite de la note précédente. Je reviens un peu sur les rythmes de l'enfant. Je rapporte ici un concentré de lectures ou conférences, les spécialistes voudront bien pardonner quelques imprécisions et raccourcis. Si vous relevez des erreurs laissez un petit mot.

Pour commencer le rythme hebdomadaire n'a pas d'existence physiologique. C'est un concept d'adulte. C'est pourquoi tous les spécialistes (Montagner, que l'on a vu à Brest, mais aussi Testu ou Meirieu) demandent que l'on travaille non pas sur la semaine mais bien sur la journée scolaire. Pour cela il y a 2 axes à envisager : 

  • diminuer l'horaire quotidien : les enfants ne sont pas aptes à apprendre avec la même attention de 9h à 17h. Cette journée scolaire là c'est juste une des plus longues du monde! Quand on sait que les enfants, de la maternelle au primaire, sont tous astreints au même horaire on comprend l'aberration du système.
  • augmenter la régularité : les ruptures du week-end et du mercredi dérèglent la vie des enfants. Par exemple, les parents ont tendance à relâcher leur attention sur les horaires de coucher le vendredi et le samedi. Philippe Meirieu affirme que les enfants ont perdu plus d'une heure de sommeil par jour depuis trente ans. Ils dorment moins, ils sont fatigués. Nombre d'enseignants qui pratiquent déjà la semaine de 4 jours connaissent des difficultés à faire reprendre un rythme à leur classe le lundi.

Cela étant posé et à condition de faire confiance à ces spécialistes (on a une tendance, en France, à se considérer tous comme spécialistes dès lors que l'on parle de l'Ecole, et par là même à déconsidérer ceux qui le sont vraiment), on peut commencer à parler de l'organisation de la semaine.

Pour la régularité on comprend bien que des semaines décousues, morcelées, ne sont pas l'idéal. Dans ce que veut nous imposer le ministre, la journée comprendra 6 heures de classe (et je ne vous parle pas des heures de soutien qui viendront s'y ajouter). C'est beaucoup. On pourrait réduire cette durée quotidienne, mais alors il faudrait plus de 4 jours... Je crois, d'après mes lectures, que des journées plus courtes, sur une semaine scolaire plus longue fatigueraient moins les enfants et augmenteraient l'égalité des chances. 

Et puisque l'on parle de rythme on peut aussi regarder notre année scolaire. Dans le nouveau système les petits français travailleraient environ 140 jours par an quand leurs camarades allemands ou anglais sont sur 200 jours ! De plus les 3 zones de vacances qui n'ont d'autre utilité que de permettre à ceux qui en ont les moyens d'aller aux sports d'hiver désorganisent le rythme des vacances d'hiver et de printemps, en créant des trimestres ou trop longs, ou trop courts.

Oui je crois que notre système scolaire mérite une réforme. Mais alors faisons la bien, donnons nous le temps de proposer une nouvelle organisation qui mette les enfants au coeur du système. Aux adultes de s'adapter et non le contraire. 

Pour terminer voici 2 documents très intéressants :

  • Une synthèse d'une fédération de la FCPE
  • Un point de vue dans "Le Monde" du 29 mai
(A suivre...)

03.06.2008

Les rythmes scolaires (1)

917792116.jpgLe ministre Darcos a décrété il y a quelques jours que les écoliers français n'auraient plus d'école le samedi matin. Par la même occasion il réduit le volume hebdomadaire de classe à 24 heures. Et bien sûr, il affirme que tout ceci est fait pour réduire le nombre d'enfants entrant en 6ème en situation d'échec. Voilà une réforme simple : 6 heures de cours par jour, 4 jours de classe par semaine, de nouveaux programmes et hop on a résolu tous les problèmes de l'école élémentaire !

Évidemment ce n'est pas si simple, loin s'en faut.

Voyons d'abord la forme. Comment peut on prendre une telle décision, à quelques jours de la fin de l'année scolaire, et sans aucune concertation ? C'est le signe d'un mépris pour la communauté éducative et même toute la population, car de près ou de loin c'est tout le monde qui est touché par une telle modification des rythmes scolaires. Comment en quelques jours les enseignants, les parents, les collectivités, les structures périscolaires peuvent-ils élaborer ensemble une nouvelle organisation cohérente pour la prochaine rentrée ? Y avait-il urgence ?

Et maintenant le fond. Tous les spécialistes s'accordent à dire que la journée scolaire française est trop lourde. Tous nos voisins ont des rythmes plus légers et ils ne réussissent pas moins dans l'éducation des enfants (c'est peu de le dire si on regarde vers le nord). Au lieu de lancer une grande réforme mettant l'enfant au coeur d'un système éducatif rénové on préfère encore une fois l'effet d'annonce.

Un seul grand perdant dans cette affaire : l'enfant.

Devant la gravité de ce qui se joue, la ville de Brest a choisi de lancer une concertation à laquelle sont conviées toutes les personnes intéressées par le sujet. Bien sûr chacun est conscient que quelques jours ne suffiront pas à préparer une alternative crédible à ce que veut nous imposer le ministre, mais il semblait important de travailler ensemble autour de ce sujet. De nombreuses réunions se sont tenues dans les quartiers de la ville ces 2 dernières semaines. Un restitution plénière sera organisée le mercredi 11 juin à 18h30 à l'hôtel de ville. Puis les conseils d'école se prononceront.
Vous trouverez toutes les infos utiles  concernant cette concertation sur le blog mis en place à cet effet : http://semaine-scolaire-brest.over-blog.net/