« L'humain n'est pas une marchandise | Page d'accueil | Et maintenant il faut choisir »
03.03.2008
Combien le ticket de bus ?
Pendant cette campagne, en allant à la rencontre des brestois, j'ai plusieurs fois été interpellé sur le prix du bus. Est-ce trop cher ? Pas assez ? Faudrait-il le rendre gratuit ? Le débat me semble important, dans le contexte de la création du Tramway, symbole de la volonté de développer les transports en commun.
Pour poser le débat il faut rappeler quelques faits. Le bus est un service public dont la gestion est déléguée à une entreprise privée. Ce service est financé par une contribution sur les entreprises de plus de 9 salariés (appelée "versement transport"), par les voyageurs (les tickets) et par Brest Métropole Océane (les impôts) car les 2 premières recettes ne couvrent pas toutes les dépenses.
Certains demandent la gratuité, pour des catégories de personnes, ou pour tout le monde. L'objectif étant la justice sociale et l'augmentation la fréquentation.
Comment apporter de la justice sociale dans le transport en commun ? Aujourd'hui, un abonnement mensuel coûte 31,60€. La collectivité a voulu créer des tarifs sociaux pour les personnes les moins favorisées. Ainsi l'abonnement mensuel minimum est à 5,25€. C'est un effort très important.
Et la gratuité alors ?
Je l'ai dit, le service de bus a un coût pour la collectivité. Personnellement, il me semble sain que chacun y contribue, dans la mesure de ses moyens. Cela suppose de poursuivre la politique de tarifs sociaux, de l'améliorer, en ayant toujours en tête le service aux habitants.
Pour autant, je ne suis pas favorable au bus gratuit. Les recettes des ventes des titres de transport rapportent environ 9 millions d'euros à Bibus. Si l'on devait perdre cette recette il faudrait la compenser, et cela ne pourrait se faire que par la fiscalité. Il n'y a donc pas de gratuité... Au final, il y a bien quelqu'un qui paie!
Imaginons tout de même que l'on décide de financer intégralement le service par la collectivité, via la fiscalité. Les habitants de Brest Métropole Océane verraient leurs impôts augmenter. Or on sait que nous avons perdu de la population au profit des communes plus lointaines. Ces "rurbains", comme on les appelle, sont nombreux à travailler sur le territoire de BMO. Certains prennent les transports en communs (encore plus demain quand le tram sera en service). Est-ce normal qu'ils bénéficient d'un service de qualité pour un coût nul ? Un tel processus ne ferait qu'appauvrir la communauté urbaine en donnant en quelque sorte une "prime au départ".
08:02 Publié dans Municipales | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : brest, municipales, cuillandre, bus




Commentaires
Bonsoir Monsieur Guével,
Je dois être bien naïf à croire que l'objectif premier devrait être d'inciter les brestois à délaisser leur voiture individuelle pour faire le choix des transports en commun.
Je dois être encore bien naïf à croire que jouer (à la baisse) sur les tarifs des transports en commun peut être un levier pour aller dans le sens de l'objectif en question.
Certes à voyager aujourd'hui dans des bus souvent au quart rempli en milieu de journée, je peux penser que ma réflexion n'est pas au final trop stupide que cela.
Quand je vois encore trop souvent autour de moi des familles préférer se déplacer en voiture car ces familles ont fait le calcul que circuler en voiture reste moins cher mensuellement pour leur budget, ceci à tord ou à raison sans se préoccuper du facteur environnemental que cela engendre.
Mais quand je constate qu'aussi que des collectivités où la droite est majoritaire s'orienter vers une baisse de tarification (quand ce n'est le choix du "tarif zéro") je me dis que mon cas n'est pas si désespéré que cela.
Cela dit quand je voyais encore dernièrement des élu-e-s donneurs de leçons en la matière préférer le choix de la voiture individuelle comme mode de déplacement personnel, là je me dis qu'on se moque un petit peu du monde alors que j'ai adopté depuis longtemps les transports en commun pour mes déplacements en ville.
Allez, je vais vous agacer encore un petit peu en vous demander le montant (bénéfice) que rapporte chaque année à la société Kéolis la délégation de service public. La réponse à cette question va me valoir d'être considérer comme réactionnaire si j'évoque l'éventualité à un retour à une gestion publique du service des transports en commun à Brest. J'en prend le risque mesuré. Comme chacun le sait, plus il y a des intermédiaires, plus cela coûte aux usagers. L'objectif d'une entreprise privée outre le fait de répondre à la demande du client reste naturellement à faire du profit. C'est de bonne guerre. Ce volume d'argent versé à la société Kéolis ne serait t-il pas plus intéressant de le consacrer à une baisse des tarifs pour l'usager et donc, pour ne pas perdre de vue l'objectif politique majeur, d'inciter plus de monde à utiliser les transports en commun ?
Rassurez moi Monsiueur Guével, nous partageons ensemble ce même objectif ? Et si une réflexion de fond sur les tarifs à la baisse pouvait être un facteur attractif pour participer au retour de familles dans l'agglomération, cela me semble t-il contribuerait de facto à augmenter les ressources fiscales de la collectivité. Là je crois que j'ai trouvé le bon bout pour continuer à nourrir le débat. Ne le croyez vous pas ?
Bien cordialement,
Ecrit par : Chris Perrot | 05.03.2008
Monsieur Perrot, ne croyez pas que les familles, dès lors qu'elles en ont les moyens, préfèreront les transports en commun au confort de la voiture pour leurs déplacements quotidiens, Quand il faut succéssivement remplir un caddie, récupérer ses enfants à l'école et emmener le petit dernier à l'entrainement de foot, l'argument de la gratuité des bus ne pèse pas bien lourd. Comme vous le dîtes vous-même, le bus paraît plus cher que la voiture sans l'être réellement. Il faut donc parler vrai au Brestois. Evoquer la gratuité en occultant le débat sur la hausse de fiscalité que celle-ci induirait, va à contre-sens de ce principe. Et que vous ne trouviez pas un seul exemple de candidat de gauche qui soutienne la gratuité est assez ... surprenant !
Pour les familles les plus gênées au entournures, il existe les tarifs décrits par Yann, qui sont au-delà de toute concurrence avec l'achat, l'entretien, la circulation et l'assurance d'une voiture. S'il faut encore baisser les tarifs pour ces personnes ci, OK pourquoi pas ! Mais instaurer la gratuité pour des personnes dont ce n'est pas le soucis, je n'en vois pas l'intérêt !
Quant à trouver des bus non remplis en milieu de journée, ben ... c'est normal. Connaissez-vous le concept d'heure de pointe ?
Quant aux délégations de services plublics, inutile de tomber dans le manichéisme. Même si les entreprises ne sont pas des mécènes, certains dirigeants ont comme objectif d'assurer un développement qui s'accompagne de l'amélioration du service rendu. Ce qu'il serait intéressant de faire avant tout discours caricatural, ce serait de comparer le coût global d'un ticket de bus à Brest par rapport à celui d'autres villes. Et par la même occasion, nous verrions si la mise en place d'une régie ne serait elle même pas plus coûteuse, ce n'est pas exclu !
Ecrit par : Alice | 06.03.2008
Je pense qu'on aura l'opportunité de continuer ce débat plus sereinement avec moins de passion dans quelques jours. Ceci étant, je prendrais le temps de développer le sujet car je constate que certaines collectivités ont adopté en France et en Europe depuis longtemps le tarif zéro. A priori ces collectivités y retrouvent leurs billes économiquement parlant sans que que cela soit un poids sur leur fiscalité. Après il y a les convictions politiques de chacun. Je ne forcerai jamais personne à faire ce qu'il ne veut pas faire. C'est clair. Personnellement, je reste convaincu que jouer sur le levier du prix reste un facteur pertinent. Débat à suivre donc... et arguments à affuter. Sans être manichéiste, si une DSP permet pour le partenaire privé à s'y retrouver au niveau rentabilité de son entreprise tout en jouant sur les tarifs tout en défendant une politique sociale, je reste ouvert à toutes les réflexions.
Bonne fin de campagne.
Bien cordialement,
Ecrit par : Chris Perrot | 06.03.2008
Les commentaires sont fermés.